mercredi 21 octobre 2015

LES FREINS A LA BANCARISATION EN AFRIQUE.

L'adoption des services bancaires proposés par les institutions financières, n'est pas monnaie courante en Afrique, en témoignent les chiffres suivants:Moins de 10% des populations sur le continent,soit environ 10.000.000 de personnes sont bancarisées.Et selon les analystes, il s'agit du taux de bancarisation le plus bas au monde.C'est dans cette optique, que nous nous sommes penchés sur les causes de ce phénomène qui, constitue une véritable entrave au développement économique du continent.



  • L'absence de volonté politique
Les décideurs à travers le continent, semblent peu prompts à faciliter l'installation et l'accessibilité des banques au travers d'une législation et des dispositifs adéquats.



  • La tradition
Le poids des traditions est tel que, la confiance des populations à l'égard du système bancaire est proche du néant.L'habitude des fameuses "tontines",ces sortes d'ancêtres du microcrédit continuent d'être, un maillon essentiel des circuits informels d'épargne.

Le tout repose sur la confiance fondée sur des liens d'amitié, de fraternité ou de clan.De quoi s'agit-il? Des personnes créent un pot commun où chacune verse la même somme d'argent à échéance régulière, le total revient ensuite à chacun à tour de rôle, sans intérêts.

Dans ces conditions, rien de plus compréhensible que les populations ne maîtrisent pas toujours, les codes du système bancaire et fassent peu confiance à ce dernier.


  • Le mobile banking
Presque partout sur le continent, et notamment au Kenya, la plupart des opérations bancaires s'effectuent via les téléphones portables.Le Kenya, avec son système de mobile banking M-Pesa, avait d'ailleurs fait dire à "The Atlantic" que: c'est la solution qui portera le monde rural à l'économie moderne.Plus de 60% de la population adulte au Kenya est adepte du mobile banking.





  • L'absence d'éducation
Selon Global Findex, les taux de bancarisation sont proportionnels aux taux d'éducation.En Afrique, 55% des personnes ayant suivi un enseignement supérieur ont des comptes bancaires.

Voilà ce qui concerne notre modeste contribution relative,aux freins à la bancarisation en Afrique.


Frédéric Betta-Akwa 

lundi 28 septembre 2015

TWENTY QUESTIONS TO ASK YOURSELF BEFORE STARTING A BSUINESS.

That way, you are interested in entrepreneurship?Ask yourself the following, questions before you start!And try to answer truthfully!

Good luck!








  1. Why am i starting a business?
  2. What kind of business do i want?
  3. Who is my ideal customer?
  4. What products or services will my business provide?
  5. Am i prepared to spend the time and money needed to get my business started?
  6. What differentiates my business idea and the products or services i will provide from others in the market?
  7. Where will my business be located?
  8. How many employees will i need?
  9. What type of suppliers do i need?
  10. How much money do i need to get started?
  11. Will i need to get a loan?
  12. How soon will it take before my products or services are available?
  13. How long do i have until i start making a profit?
  14. Who is my competition?
  15. How will i price my product compared to my competition?
  16. How will i set up the legal structure of my business?
  17. What taxes do i need to pay?
  18. What kind of insurance do i need?
  19. How will i manage my business?
  20. How will i advertise my business?

Frédéric Betta-Akwa

VINGT QUESTIONS A SE POSER AVANT DE CREER SON ENTREPRISE.

Comme ça, vous êtes intéressé par l'entrepreneuriat?Posez-vous les questions suivantes, avant de vous lancer!Et tâchez d'y répondre en toute sincérité!

Bonne chance!



 



  1. Pourquoi je crée une entreprise?
  2. Quel type d'entreprise voudrais-je mettre sur pied?
  3. Quel est mon client idéal?
  4. Quel type de produit ou service vais-je proposer?
  5. Suis-je préparer à dépenser l'argent nécessaire et à passer le temps requis à travailler pour lancer mon entreprise? 
  6. Quelle est la différence entre mon projet, les différents produits et services que je vais proposer et ceux que l'on retrouve déja sur le marché?
  7. Dans quelle ville sera localisée mon entreprise?
  8. De combien d'employé aurai-je besoin?
  9. De quel type de fournisseur ai-je besoin?
  10. De combien ai-je besoin pour démarrer?
  11. Aurai-je besoin d'un crédit?
  12. Dans combien de temps mes produits ou services seront-ils disponibles?
  13. Dans combien de temps mon entreprise sera t-elle rentable?
  14. Quelle est  la concurrence?
  15. Comment vais-je facturer mes produits ou services en fonction de la concurrence?
  16. Quel type de statut choisirai-je pour mon entreprise?
  17. Quels types d'impôts ou taxes dois-je payer?
  18. De quel type d'assurance ai-je besoin?
  19. Comment vais-je gérer mon entreprise?
  20. Comment vais-je promouvoir mes produits ou services?

Frédéric Betta-Akwa

mardi 22 septembre 2015

THE REAL ESTATE BOOM IN AFRICA.

Africa's population will more than triple over the next 40 years, is the UN-HABITAT observation in its 2010 report on the State of African Cities: Governance, Inequality and land markets.Several studies and statistics on the issue, the African continent will experience indeed a very strong settlement process in the coming decades.A population growth which will inevitably be accompanied by strong urbanization of the cities has already begun elsewhere.Thus, according to the report, 400 million Africans currently live in urban areas, 40% of the population, against 3% it there's 50 and 1.2 billion in 2050, representing 60% of the population.



Africa is so far the continent where urban growth is strongest.The number of city dwellers is increasing (in the order of 5% to 7% per year, a rate twice as fast as its total population).Thus, Cairo (Egypt), with 11 million inhabitants, remains the largest agglomeration.But it will be overtaken by Lagos, Nigeria's capital (12.4 million) this year, and then it was the turn of Kinshasa (DRC), with 12.7 million in 2020.This strong growth ahead, pushes African cities to organize themselves by focusing on certain sectors like real estate, directly related to this future population explosion.









  • Soaring retail space


In trade, the rise in living standards and increased consumer demand contribute to the opening of modern boutiques and shopping centers built on the Western model.In recent years, in countries such as Zambia, Ghana, Kenya or Nigeria, the major cities have seen inaugurate modern shopping centers and the start of construction of ever larger market areas would be expected.Indeed, the demand in this area is continuing, driven by both international retailers by South African chains looking to expand beyond their borders.




  • Office rents are rising
In terms of offices, the study shows that many cities suffer from a lack of suitable areas to the needs of international companies, the technology boom opening new opportunities for economic diversification and attracting many businesses.This shortage has boosted rents, especially in cities where demand comes from oil and gas companies.In fact, rents for high-end buildings in Luanda (Angola) and Lagos (Nigeria) are among the highest in the world.In Luanda, Prime rents remain very high since it takes monthly 150 US dollars per square meter, well above the rates charged in London, New York or Hong Kong.



  • Residential projects upscale
The residential market would know when to him a strong demand for high-end volumes.Many neighborhoods on the outskirts of large cities, are under construction, such as "Eko Atlantic" project in Victoria Island in Nigeria, "Tatu City" in Nairobi and "The River City" in Kinshasa.These projects can, according to Knight Frank, supporting a wave of urban development for Africa."The elevation of living standards of the African middle class aspires demand from the top.Shops and residential housing must comply with quality standards more demanding.If one adds up the foreign firms looking to expand into the African market with the number of African companies growing, we arrive in large cities, a particularly strong need for high-end buildings "observes Matthew Colbourne, Partner and Director of Research Department of Knight Frank in London.



So, regarding our modest relative contribution, the property boom in Africa.



Frédéric Betta-Akwa

LE BOOM IMMOBILIER EN AFRIQUE.

La population africaine va plus que tripler au cours des 40 prochaines années, tel est le constat d'ONU-HABITAT dans son rapport 2010 sur l'Etat des Villes Africaines: Gouvernance, inégalité et marchés fonciers.Selon plusieurs études et statistiques sur la question, le continent africain connaîtra en effet un processus de peuplement très soutenu durant les prochaines décennies.Une croissance démographique qui va inévitablement s'accompagner d'une forte urbanisation des villes qui a déja commencée par ailleurs.Ainsi, selon ce rapport, 400 millions d'africains vivent actuellement en milieu urbain, soit 40% de la population, contre 3% il y'a 50 ans et 1,2 milliard en 2050, soit 60% de la population.

L'Afrique est donc à ce jour, le continent où la croissance urbaine est la plus forte.Le nombre de ses citadins est en constante augmentation (de l'ordre de 5% à 7% par an, un rythme deux fois plus rapide que sa population totale).Ainsi, le Caire (Egypte), avec 11 millions d'habitants, reste la plus grande agglomération.Mais, elle sera dépassée par Lagos, capitale Nigériane (12,4 millions) dès cette année, puis ce sera au tour de Kinshasa (République Démocratique du Congo), avec 12,7 millions d'habitants , en 2020.Cette forte expansion à venir, pousse les villes africaines à s'organiser en concentrant leurs efforts sur certains secteurs comme l'immobilier, directement liés à cette explosion démographique future.


 



  • L'envolée des surfaces commerciales
En matière de commerce, l'élévation du niveau de vie et l'exigence accrue des consommateurs contribuent à l'ouverture des boutiques modernes et de centres commerciaux bâtis sur le model occidental.Ces dernières années, dans des pays comme la Zambie, le Ghana, le Kenya ou encore le Nigéria, les principales grandes villes ont vu s'inaugurer des centres commerciaux modernes, et la mise en chantier de surfaces marchandes toujours plus grandes serait à prévoir.En effet, la demande en la matière est permanente, alimentée aussi bien par les grandes enseignes internationales que par les chaînes sud-africaines qui cherchent à s'étendre hors de leurs frontières.


  • Les loyers des bureaux grimpent
En termes de bureaux, l'étude démontre que beaucoup de villes pâtissent d'une insuffisance de superficies adaptées aux attentes des sociétés internationales, le boom technologique ouvrant de nouvelles perspectives de diversification économique et attirant ainsi de nombreuses entreprises.Cette pénurie a fait bondir les loyers, notamment dans les villes où la demande provient des entreprises gazières et pétrolières.De fait, les loyers des immeubles haut de gamme à Luanda (Angola) et Lagos (Nigéria) figurent parmi les plus élevés au monde.A Luanda, les loyers Prime restent très hauts puisqu'il faut compter mensuellement 150 dollars américains par mètre carré, un niveau bien supérieur aux tarifs pratiqués à Londres, New-York ou Hong-Kong.


  • Des projets résidentiels haut de gamme
Le marché résidentiel connaîtrait quand à lui une forte demande en grands volumes haut de gamme.Beaucoup de quartiers, à la périphérie des grandes villes, sont actuellement en construction, telles que les projets "Eko Atlantic" à Victoria Island au Nigéria, "Tatu City" à Nairobi et "La Cité du Fleuve" à Kinshasa.Ces projets peuvent, selon Knight Frank, soutenir une vague de développement urbain pour l’Afrique."L’élevation du niveau de vie de la classe moyenne africaine  aspire la demande par le haut.Les magasins et les logements d'habitation doivent obéir à des normes de qualité de plus en plus exigeantes.Si l'on fait la somme des firmes étrangères qui cherchent à s'implanter sur le marché africain avec le nombre d'entreprises africaines en pleine croissance, on aboutit, dans les grandes villes, à un besoin en immeubles haut de gamme particulièrement fort" observe Matthew Colbourne, Associé et Directeur du Département Recherche de Knight Frank à Londres.


Voila, ce qui concerne notre modeste contribution relative, au boom immobilier en Afrique.


Frédéric Betta-Akwa 

jeudi 17 septembre 2015

THE FINANCIAL CRISIS OF 2008 OR THE DOPING OF THE US ECONOMY.

  • How has it started?
The crisis of 2008 began with the difficulties faced by US households on low incomes, to repay the loans that had been granted to them for the purchase of their homes.





These funds were intended for borrowers who did not have sufficient guarantees to benefit from preferential interest rates ( "prime rate"), but only to less preferential rates ("subprime").

The indebtedness of US households could rely on the extremely low interest rates practiced for years by the Central Bank of the United States (FED) in 2001 after the stock market crisis of values "internet".In addition, loans were rechargeable, which means that regularly, we took into account the increase in value of the property, and the borrower is allowed to réendetter the amount of the increase in the value of its assets.This has boosted the growth of the United States.


Credits "subprime" were backed by a mortgage on the purchased housing, the idea being that the property prices in the US could only climb.In these circumstances, a failure of the borrower should be more than offset by the sale of the mortgaged property.


Other features, these credits have often been granted with variables.Plus rate precisely, financial repayment burdens were lightened very start to attract the borrower.They increase after 2 or 3 years and the borrowing rate was pegged to the Director of the Fed rate.

The US Central Bank has gradually raised interest rates by 1% in 2004 to over 5% in 2006 to reflect the evolution of inflation and US growth.Financial expenses of loans are considerably alourdies.Un growing number of households has not been able to cope.


"Trees are not mounted to the sky" and property prices eventually turn downward in the entire United States.
Result: the value of homes has fallen below the value of credits they were supposed to guarantee.The influx of failures of borrowers and resales mortgaged their homes has accelerated the decline in property prices.Losses have also accumulated on the side of prêteurs.Des specialized credit institutions were the first found in difficulty.


In the summer of 2007, the rate of default on loans "subprime" exceeded 15% against 5% on average during the same period for all mortgage loans in the United States, itself a record figure since 1986.While defaults do not all lead to the bankruptcy of the borrower and the sale of the mortgaged property.But it was estimated in late August 2007 that nearly 1 million borrowers had lost their logement.Cela ultimately could affect about 3 million US households.Based on a failure rate of 15%, the initial assessment of the financial cost of the crisis of "subprime" was 160 billion.Important certainly, but not enough to cause a global financial crisis.


  • How is the crisis is internationalized?
The trigger of the crisis therefore lies in a real estate market of sub-compartment américain.Establishments specializing in "subprime" were directly affected and logically.But it is the mutation carried past fifteen years with the so-called securitization, for understanding why and how contagion has occurred.


Securitization involves converting loans granted by a bank in debt securities (bond) that an investor can buy and sell at any time.It is said that these obligations are backed by a portfolio of assets.Issuing banks credits create intermediary companies in which these funds are assets and issuing bonds in return which constitute liabilities.Interest and loan repayments are used to pay the interest on bonds issued and their repayment.These companies are called SPV for "Special Purpose Vehicle" because they have no other corporate purpose and are created in each case.


As for investors, it may be the same banks or other banks, pension funds, hedge funds etc ...



The benefit to the bank is that it does not have to carry the credits.She released them from its balance sheet.It does not have to be a capital reserve in case of repayment difficulties would arise (prudential rules on capital) and can more easily extend new credits.Advantage for investors: they can expect a very good coupling risk / return on obligations.Advantage for the economy in general: the risks taken originally by the bank are transferred to a larger number of investors.In case of shock, it is in principle better absorbed.This mutation of securitization has enabled the funding of the rampant growth of the United States and the entire world after the release of the stock market crisis of values "internet".


The vigilance of banks and real estate brokers who initiated loans to households was lower on the ability of these to properly repay their loans.Banks that "securitize" are less credits.They reward the commission, and then resell the credit.They are the amount and may be less regardantes on quality: the so-called moral hazard played full.This method is that a person or company insured against risk may therefore behave in a more risky than if it were fully exposed to risk.For banks, considering themselves not penalized in case of carelessness in their operations, they take more risk in granting credit or executing market transactions.The framework of regulation and regulation of banking and insurance activities is working to prevent such mechanisms.But it can sometimes lose effectiveness.Thus, monetary policy should help ensure the general crises that may arise from the effects chain of bank failures on the whole system and the economy.But for such a guarantee to banks' nationalization of losses "may result in moral hazard mechanism.



Investment banks that organize the securitization group together "packages" of money they make asset vehicles.They formed "credits packets" "subprime", but also mixed packets, mixing with other subprime mortgages, or loans for other financing (eg LBO investment fund ).



The risk of failure of these packages were supposed to be lower than those of credits taken one by one.This is what gives a very good rating from the rating agencies on bonds issued in return.But this is true only if the risks taken on each loan set in the package are independent of each other.However, risks packetized were not independent: it is called "granular".But because all inter-related to the US real estate market.The decline in US house prices has led to a collapse in the value of vehicle assets.



Contagion and amplification then held to the way were built the obligations undertaken by investors in consideration of asset packages.These were also cut into "slices".Some slices contained higher returns but also higher risk, in that they were the first to be penalized if payment intervened accidents on assets.



These bonds were in principle subscribed by investment funds at risk (hedge funds).Intermediate slices were next and more secure tranches (say "senior") were penalized in the event of a general devaluation of the assets, which was supposed to never intervene.They were subscribed by including more conservative investors (pension fund ...).But the collapse of the assets, even these bonds resulted in the debacle to the surprise of their policyholders, since there there's been no gradual warning by a deterioration in rating.


Additional factor, investors who bought the bonds do not have all bought with cash but by going into debt in turn to benefit from the leverage of debt at low interest rates.These investors, including banks and hedge funds operated somehow "securitization second degree" by creating new vehicles (SIV or "conduits") whose assets was constituted by bonds of first level and whose vehicles liability was established by short-term commercial paper (Asset Backed Commercial Paper or ABCP).It was issued more than 1,000 billion.


That respect, our modest contribution on the financial crisis of 2008.


Frédéric Betta-Akwa




LA CRISE FINANCIERE DE 2008 OU LE DOPAGE DE L'ECONOMIE AMERICAINE.

  • Comment a t-elle démarrée?
La crise de 2008 a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faible revenu, pour rembourser les crédits qui leur avaient été accordés pour l'achat de leur logement.




Ces crédits étaient destinés à des emprunteurs qui ne présentaient pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d'intérêts préférentiels (en anglais "prime rate"), mais seulement à des taux moins préférentiels ("subprimes").

L'endettement des ménages américains a pu s'appuyer sur les taux d'intérêts extrêmement bas pratiqués, pendant des années par la Banque Centrale des Etats-Unis (FED) à partir de 2001 après la crise boursière des valeurs "internet".En outre, les crédits étaient rechargeables, c'est à dire que régulièrement, on prenait en compte la hausse de la valeur du bien, et on autorisait l'emprunteur à se réendetter du  montant de la progression de la valeur de son patrimoine.Cela, a dopé la croissance des Etats-Unis.

Les crédits "subprimes" ont été gagés par une hypothèque sur le logement acheté,l'idée étant que les prix de l'immobilier aux Etats-Unis ne pouvaient que grimper.Dans ces conditions, une défaillance de l'emprunteur devait être plus que compensée par la vente du bien hypothéqué.

Autres particularités, ces crédits ont souvent été accordés avec des taux variables.Plus précisément, les charges financières de remboursement étaient au démarrage très allégées pour attirer l'emprunteur.Elles augmentaient au bout de 2 ou 3 ans et le taux d'emprunt était indexé sur le taux directeur de la FED.

La Banque Centrale américaine a progressivement, relevé ses taux de 1% en 2004 à plus de 5% en 2006 pour tenir compte de l'évolution, de l'inflation et de la croissance américaine.Les charges financières des emprunts se sont considérablement alourdies.Un nombre croissant de ménage na pas pu faire face.

"Les arbres ne sont pas montés jusqu'au ciel" et les prix de l'immobilier ont fini par se retourner à la baisse dans l'ensemble des Etats-Unis.
Résultat: la valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu'elles étaient supposées garantir.L'afflux des défaillances des emprunteurs et des reventes de leurs maisons hypothéquées a accéléré la baisse des prix de l'immobilier.Les pertes se sont accumulées également du côté des prêteurs.Des établissements de crédit spécialisés se sont, les premiers retrouvés en difficulté.

A l'été 2007, le taux de non remboursement sur les crédits "subprime" dépassait 15% contre 5% en moyenne à la même époque pour l'ensemble des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, chiffre lui même record depuis 1986.Certes, les défauts de paiement ne conduisent pas tous à la faillite de l'emprunteur et à la vente du bien hypothéqué .Mais on estimait, fin août 2007, que près d'1 million d'emprunteurs avaient perdu leur logement.Cela pourrait concerner in fine environ 3 millions de ménages américains.

Sur la base d'un taux de défaillance de 15%, l'évaluation initiale du coût financier de la crise des "subprime" était de 160 milliards de dollars.Important certes, mais pas de quoi provoquer une crise financière internationale.


  • Comment la crise s'est-elle internationalisée?
Le déclencheur de la crise se situe donc, dans un sous-compartiment du marché immobilier américain.Les établissements spécialisés dans le crédit "subprime" ont été directement et logiquement touchés.Mais c'est la mutation opérée depuis une quinzaine d'années avec ce que l'on appelle la titrisation, qui permet de comprendre pourquoi et comment la contagion s'est opérée.  

La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par une banque en titres de créances (obligation) qu'un investisseur peut acheter et vendre à tout moment.On dit que ces obligations sont adossées à un portefeuille d'actifs.Les banques émettrices des crédits créent des sociétés intermédiaires dans lesquelles ces crédits constituent les actifs et qui émettent en contrepartie des obligations qui constituent le passif.Les intérêts et les remboursements des crédits servent au paiement des intérêts des obligations émises et à leur remboursement.Ces sociétés sont appelées SPV pour "Special Purpose Vehicule" ou "véhicule spécial", car elles n'ont pas d'autre objet social et sont crées au cas par cas.

Quant aux investisseurs,il peut s'agir de ces mêmes banques ou d'autres banques, de fonds de pension, de hedge funds etc...

L'avantage pour la banque est qu'elle n'a pas à porter les crédits.Elle les sort de son bilan.Elle n'a pas à constituer un capital en réserve pour le cas où des difficultés de remboursement se présenteraient (règles prudentielles concernant les fonds propres) et peut plus facilement accorder de nouveaux crédits.Avantage pour les investisseurs:ils peuvent espérer un très bon couplage  rendement/risque sur les obligations.Avantage pour l'économie en général: les risques pris à l'origine par la banque sont reportés sur un plus grand nombre d'investisseur .En cas de choc, celui-ci  est en principe mieux absorbé.Cette mutation de la titrisation a ainsi permis, le financement de la croissance galopante des Etats-Unis et de l'ensemble du monde après la sortie de la crise boursière des valeurs "internet".


La vigilance des banques et des courtiers immobiliers qui ont initié les crédits aux ménages a été moins importante sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leurs emprunts.Les banques qui "titrisent" portent moins les crédits.Elles rémunèrent à la commission, puis revendent  le crédit.Elles font de la quantité et peuvent être moins regardantes sur la qualité:ce que l'on appelle l'aléa moral a joué à plein.Cette méthode consiste en ce que, une personne ou une entreprise assurée contre un risque peut de ce fait, se comporter de manière plus risquée que si elle était  totalement exposée au risque.S'agissant des banques,se considérant comme non pénalisées en cas d'imprudences dans leurs opérations, elles prennent plus de risque dans l'octroi de crédit ou de l'exécution d'opérations de marché.Le cadre de la réglementation et de la régulation des activités bancaires  et d'assurance s'efforce d'empêcher de tels mécanismes.Mais il peut parfois, perdre de son efficacité.Ainsi, la politique monétaire doit veiller à empêcher les crises générales qui pourraient provenir  des effets en chaîne de faillites bancaires sur l'ensemble du système et de l'économie.Mais pour les banques une telle garantie de "nationalisation des pertes" peut entraîner un mécanisme d'aléa moral.

Les banques d'affaires qui organisent la titrisation regroupent des "paquets" de crédits qu'elles mettent à l'actif des véhicules.Elles ont constitué des "paquets de crédits" "subprime", mais aussi des paquets mixtes, mélangeant des crédits subprime avec d'autres crédits hypothécaires, ou avec des crédits destinés à d'autres financements (par exemple opérations LBO de fonds d'investissement).

Les risques de défaillance de ces paquets étaient supposés être inférieurs à ceux des crédits pris un par un.C'est ce qui permet d'obtenir une très bonne notation de la part des agences de notation sur les obligations émises en contrepartie.Mais cela n'est vrai que si les risques pris sur chaque crédit mis dans le paquet sont indépendants les uns des autres.Or, les risques mis en paquets n'étaient pas indépendants: on appelle cela "granulaires".Mais interdépendants car tous liés au marché immobilier américain.La baisse des prix de l'immobilier américain a entraîné un effondrement de la valeur des actifs des véhicules.

La contagion et l'amplification ont alors tenu à la façon dont ont été construites les obligations souscrites par les investisseurs en contrepartie des paquets d'actifs.Celles-ci, ont également été découpées en "tranches".Certaines tranches comportaient des rendements plus élevés , mais aussi plus de risques, en ce sens qu'elles étaient les premières à être pénalisées si intervenaient des accidents de paiement sur les actifs.

Ces obligations ont été en principe souscrites par des fonds d'investissement à risque (hedge funds).
Des tranches intermédiaires venaient ensuite  et des tranches plus sécurisées (dites:"senior") n'étaient pénalisées qu'en cas de dévalorisation générale des actifs , ce qui était supposé ne jamais intervenir.Elles étaient souscrites notamment par des investisseurs plus prudents (fond de pension...).Mais l'effondrement des actifs, a entraîné même ces obligations dans la débâcle à la surprise de leurs souscripteurs, puisqu'il n'y'a pas eu d'alerte progressive par une détérioration de la notation.

Facteur supplémentaire, les investisseurs qui ont acheté les obligations n'ont pas tous acheté en payant comptant , mais en s'endettant à leur tour pour bénéficier de l'effet de levier d'un endettement à bas taux d'intérêt.Ces investisseurs, banques et hedge funds notamment ont opéré en quelque sorte "une titrisation au second degré" en créant de nouveaux véhicules ( SIV ou "conduits") dont l'actif a été constitué par des obligations des véhicules de premier niveau  et dont le passif a été constitué par du papier commercial à court terme (Asset Backed Commercial Paper ou ABCP).Il en a été émis plus de 1.000 milliards de dollars.


Voilà ce qui concerne, notre modeste contribution relative à la crise financière de 2008.    


Frédéric Betta-Akwa